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26
Sep

Une question de choix personnel

Écrit par Journal du Jura du 14.12.2001, Rubrique Bienne on 26 Septembre 2008.

canabisDÉPÉNALISATION DE LA CONSOMMATION DU CANNABIS · Un sujet qui partage certains Biennois

«Une question de choix personnel»


Suite à l'acceptation par le Conseil des Etats de dépénaliser la consommation de cannabis, quelques Biennois donnent leur avis. Si les partisans indiquent qu'il appartient à chaque personne de décider des produits qu'elle consomme, les adversaires craignent surtout une escalade de la part des consommateurs.

Daniel Minardi, qui perçoit une rente de l'assurance invalidité, est résolument pour la dépénalisation de la consommation du cannabis. Il estime qu'il appartient à l'individu de choisir son destin: «Je n'accepte pas l'idée que la police puisse se mêler de ce qui ne la regarde pas. Fumer des joints est un choix personnel.» Daniel Minardi est même favorable à la dépénalisation de toutes les drogues, que ce soit la cocaïne, l'héroïne ou le LSD. «J'ai vécu une période lors de laquelle j'ai, en plus des joints, sniffé de la colle. J'ai eu plusieurs expériences avec d'autres drogues, cela fait désormais partie de ma vie, c'est une expérience que je ne peux pas renier.»

Une plante très utile

Eduzy, commerçant biennois, se prononce aussi en faveur de la dépénalisation de la consommation du cannabis: «C'est une «drogue» douce illégale qui entrera dans la famille des «drogues» dures légales, avec l'alcool et le tabac.» Le Biennois, fumeur occasionnel, estime de plus que le climat de la Suisse se prête parfaitement à la culture du cannabis, ce qui pourrait créer des emplois dans la paysannerie en crise actuellement. Eduzy émet toutefois une condition: «Cela devrait être interdit aux mineurs, comme pour les alcools forts.» Il estime encore que bon nombre de trafiquants pourraient ainsi être court-circuités.

A chacun de choisir

Habib Diallo, étudiant, est favorable également à la dépénalisation de la consommation du cannabis: «Je pense tout d'abord que ce produit n'est pas dangereux, c'est pourquoi chacun devrait avoir le choix de la consommer ou non. C'est une question de liberté. Je voterais donc «oui» si cela passe en votation. Habib Diallo, qui a déjà consommé du cannabis, ne veut pas fixer de limite d'âge. Chacun doit, selon lui, prendre ses responsabilités.

Le besoin de limites

Isabelle Melet, assistante d'hôtel, se positionne contre la consommation de cannabis: «Si on dépénalise cela, je pense que tout sera légalisé d'ici peu. Il faut que l'on ait des garde-fous.» La Biennoise estime que l'on a tendance actuellement à minimiser les conséquences de la consommation de drogue. Isabelle Melet n'a jamais fumé de joint, car elle craint l'état second et la dépendance que cela peut provoquer.

Le goût de la provocation

Même si elle admet avoir déjà fumé une fois un pétard, Andrea Rüegger, fleuriste, est très hésitante par rapport à cette question, même si elle pense pencher plutôt dans le camps des adversaires: «De toute façon, même si cela reste punissable, les fumeurs sauront toujours où se procurer du cannabis.» La Biennoise pense même que bon nombre de jeunes fumeurs consomment du cannabis par goût de la provocation et de l'interdit. Son unique expérience n'a pas été extraordinaire pour Andrea Rüegger, qui préfère ne plus revivre les sensations que lui a procurées le cannabis.

Eviter l'escalade

Le commerçant Ben Issa est totalement contre la dépénalisation de la consommation du cannabis: «Je pense que c'est une idée dangereuse. On commence avec le cannabis, et ensuite on passe aux drogues dures. J'estime qu'il faut dire non pour nos enfants.» Ben Issa a vécu une mauvaise expérience l'unique fois où il a fumé, il ne recommencera donc plus. V. Fr.
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